Velibor COLIC
en résidence en Mayenne en 2010/2011

Présentation de l'auteur


Né en 1964 en Bosnie, Velibor Čolić a suivi des études de littérature yougoslave à Sarajevo et Zagreb. Après ses études, il travaille à la radio régionale comme journaliste chargé de rock et jazz. Enrôlé dans l'armée bosniaque, Velibor Čolić déserte dès mai 1992 après avoir constaté les atrocités commises par l'armée ; il est fait prisonnier mais s'échappe et se réfugie en France au mois d'août de la même année. Accueilli à Strasbourg par le Parlement international des écrivains pour une résidence d'un an, Velibor y restera quelques temps où il travaillera dans une bibliothèque et collaborera aux Dernières Nouvelles d'Alsace. Il vit aujourd'hui en Bretagne, à Douarnenez.

Ses écrits de guerre, Les Bosniaques, Chronique des oubliés, Archanges..., pour certains couchés sur le papier au cœur même des tranchées, sont portés par une écriture incisive, soumise à l'obligation de transmettre l'indicible.

D'autres écrits faisant référence à de grands noms d'artistes, comme La vie fantasmagoriquement brève et étrange d'Amadeo Modigliani, Perdido... explorent la condition d'étranger, ces destins d'hommes venus de nulle part,

Velibor Čolić martèle dans ses romans un seul et unique message : l'être humain doit être respecté.

Le style de Velibor Čolić  vacille toujours quelque part entre la poésie et la prose.


Résidence

En résidence d'écriture en Mayenne en 2010/2011 à l'initiative de Lecture en Tête, Velibor Čolić s'est attaché à l'écriture de son troisième roman en français, Sarajevo omnibus, paru en avril 2012 aux éditions Gallimard, où il remonte plus loin dans l’histoire de son pays, véritable poudrière qui enflamma l’Europe en 1914.

Autour de la figure de Gavrilo Princip, le jeune serbe qui assassina l’archiduc François-Ferdinand, se déploie une riche constellation de personnages : curés, rabbins et imams, officiers russes et prix Nobel se côtoient dans un roman à l’image des Balkans. Dans ce roman, Velibor Čolić considère avec une distance désabusée l'enchaînement de circonstances horribles et comiques qui constitue l'Histoire des hommes.

 


Bibliographie

Livres traduits du serbo-croate par Mireille Robin :


 

  • Les Bosniaques
    éd. Galilée, 1993, rééditions en poche en 1994, 1996 et 2000 chez Serpent à Plumes
    Ce recueil de récits décrit la guerre de Bosnie sous forme de petits tableaux d'après des notes prises en catimini sur le front.

     
  • Chroniques des oubliés
    éd. La Digitale, 1994, rééditions en poche 1996  et 2001 chez Serpent à Plumes
    À travers les portraits de soldats de tous bords, de paysans paisibles, de Tsiganes, d'ivrognes ou d'enfants, Velibor Čolić tente de combattre, par la littérature, le désarroi extrême de ceux qui ont vu abolir toute l'humanité en l'homme.

     
  • La vie fantasmagoriquement brève et étrange d'Amadeo Modigliani
    éd. Le Serpent à Plumes, 1995, réédition en poche en 2006 aux éditions du Rocher

    Récit de ce qu'auraient pu être les trois derniers jours de Modigliani, personnage emblématique des artistes de son époque. Roman abordant la tragédie d'un grand artiste face au cancer du XXe siècle, c'est-à-dire face à l'antisémitisme et au racisme.

     
  • Mother Funcker
    éd. Le Serpent Noir, 2001
    Ce polar est un cocktail détonnant d'alcool, de jazz et de peinture... sans oublier d'y placer un zeste de délire sanglant. Mais ce roman noir ne peut se résumer qu'à ces thèmes, puisqu'on y ressent une sorte de nostalgie et même une peur du passé.

     
  • Perdido
    éd. Le Serpent à Plumes/ Éditions du Rocher, 2005
    Biographie imaginée de Ben Webster, saxophoniste ténor de Duke Ellington. Velibor Čolić a souhaité développé, dans ce roman, un problème qui lui est proche : la condition d'étranger, ces destins d'hommes venus de nulle part.

     

Livres écrits directement en français
 

En 2008, Velibor Čolić décide d'écrire directement en français en publiant aux éditions Gaïa un premier roman, Archanges, pour lequel il est invité au Festival du Premier Roman de Laval. Dans ce roman, l'auteur fait œuvre de mémoire en évoquant la guerre en Bosnie et ses atrocités.


Suivra en 2010 Jésus et Tito (Gaïa), très remarqué par la presse et le public, dans lequel il égrène ses souvenirs de jeunesse, les souvenirs d'une Yougoslavie d'avant le chaos balkanique.
Puis en 2012, Sarajevo Omnibus (Gallimard) et
en 2014 Ederlezi (Gallimard).
 


Archanges
éditions Gaïa, 2009

Note de l'éditeur
" Une nouvelle fois, l'obsession tourmentée de Velibor Čolić est de faire œuvre de mémoire, pour la paix et l'âme des victimes, quelles qu'elles soient, et pour qu'on n'oublie pas quelle réalité se cache derrière le mot « guerre », derrière l'expression « crime de guerre ». Il s'agit de la Bosnie, mais il pourrait, hélas, s'agir de n'importe quel autre conflit. Un roman d'une cruauté insoutenable. Un roman essentiel. "

Martine Laval, Télérama
" Velibor Čolić écrit sous haute tension des fictions foudroyantes, puisées aux sources même de la douleur. (…) Il a abandonné sa langue maternelle, le serbo-croate, mais poursuit son investigation littéraire : dépecer la barbarie, la jeter en pâture aux consciences, à ceux qui n'ont pas peur de voir la réalité. Il parle de la guerre, de toutes les guerres, à mots crus, et fait chavirer la narration du côté de la parabole, presque de la science-fiction. "


Jésus et Tito
éditions Gaïa, 2010

Note de l'éditeur
" Un roman inventaire pour égrener des souvenirs comme on feuillette un album-photos : la bonne étoile rouge évidemment, celle de Belgrade, Notre Maréchal, l'école, et la cruauté des enfants, le foot et les premiers émois pour les filles du lycée, la mort de la mère. Un roman entrecoupé de rêves, qui se clôt avec le service militaire. Bien avant la guerre, quand la Bosnie était encore sur pied, bien avant que n'éclate la Yougoslavie. Ces souvenirs sont émaillés de moments simplement beaux. Et drôles. "




Ederlezi
éditions Gallimard, 2014


L'itinérance d'un célèbre orchestre tzigane du XXe siècle. Il subit l'envoi dans un camp de concentration puis la guerre d'ex-Yougoslavie en 1993, dont seul réchappe Azlan, le meneur, qui atterrit sans-papiers à Calais en 2009. A travers ce récit, l'auteur dépeint la figure du tzigane, porté par la musique et l'alcool, dans une errance perpétuelle.
 





Velibor Čolić dans la presse